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lundi 24 janvier 2011

De l'identité nationale


L'identité nationale est-elle un sujet de société ? Non. Est-elle un sujet politique ? Non. Est-elle seulement un sujet historique ? Non plus. L'identité national est un sujet vaste qui transcende l'Histoire, un sujet méta-historique, un sujet relatif à l'Être qui est révélé par l'Histoire. Ce sujet nous questionne sur nos origines, et même sur l'origine de nos origines, sur la genèse et la construction tantôt inspirée, tantôt méthodique de notre nation, sur la direction donnée invariablement à cette construction, sur son architecte. C'est un sujet qui doit nous évoquer la civilisation gallo-romaine et la chute de l'Empire, autant que la naissance de la confédération franque aux confins du limes et les victoires puis l'hégémonie de cette race sur l'ancienne Gaule devenue la Francia, le regnum francorum ! Et même au-delà, dans l'abîme mystérieux de l'Histoire des hommes, que ce soient les Grecs, les Latins, les Celtes, les Germains ou les Scandinaves, ce sujet doit nous évoquer le grand souffle pluri-millénaire de la race indo-européenne et de sa culture ! On peut alors appréhender notre histoire nationale, de Clodion ou Childéric jusqu'à nos jours avec les clefs qui conviennent à sa lecture subjective, la seule qui puisse en plus de nous instruire, nous habiter de ce même souffle, nous permettre de nous identifier et nous galvaniser ! L'empereur Romulus Auguste, dit « Augustule » savait-il qu'au moment de sa déchéance et de l'effondrement du monde romain, une civilisation plongeant ces racines profonde dans le monde germanique était sur le point de boire aux source régénératrices des monde celtes et romains pour donner naissance à la plus noble et la plus belle nation entre toutes les nations, la France ?


Baptême de Clovis

Clovis, en se faisant baptiser et en faisant baptiser ses Francs dans l'euphorie de ses victoires sur les autres barbares et sur Syagrius, Clovis, en soumettant les Gaules et en recevant la pourpre et le diadème de consul par l'empereur d'Orient savait qu'il fondait le premier royaume chrétien d'Occident sur les décombres de Rome, il savait que la nation franque était destinée à la suprématie sur cette terre nouvelle et ces populations qui attendaient depuis deux siècles un chef capable de la conduire vers sa nouvelle destinée ! Cet esprit des Francs s'est perpétué à travers les âges et tous les rois depuis Clovis et jusqu'à Charles X il y a à peine deux siècles ont porté le titre de rex francorum et tous savaient quelle était leur mission, ce qu'il devaient conserver, augmenter, conduire et transmettre : Un pays, bientôt un état et enfin une nation ! Les sujets de fierté pour la nation française ne manque pas, nous sommes tous profondément émus devant ses symboles, nous pouvons y voir le talent et le génie, elle s'est illustré par son courage, sa fidélité, sa grandeur, sa puissance. Son plus grand roi s'est identifié au soleil lui-même ! Ce n'est qu'à partir de 1789 que les heures sombres pour la nation commencèrent et le déclin était à ce sinistre rendez-vous.


Marine Le Pen

Aujourd'hui que ses effets ne peuvent plus être masqués, mais que la lie des profiteurs et des escrocs continuent de parasiter la nation française, il est temps, en effet d'évoquer notre identité nationale. Mais en quels termes ? Lorsque le thème est abordé par celle qui porte les couleur de la droite dite nationaliste, Marine le Pen, on ne peut que constater que ce sujet si vaste n'est même pas survolé et que, ayant fait l'impasse complète sur le sujet lui-même, on passe directement au problème de l'immigration comme si celui-ci était interchangeable avec le sujet de l'identité nationale face à ceux qui la contestent ! Marine Le Pen dénonce des vérités criante, l'échec de l'intégration et le multiculturalisme, certes dommageables pour la gestion de l'État, mais qui n'affectent pas notre nation car la vraie nation est imperméable à cela. La même donne dans le sujet de société en dénonçant le consumérisme et l'individualisme, des attitudes, et non pas des aspect de notre nation ! Elle attend en outre un grand débat sur le fait que le marché ne puisse pas tout réguler... On s'est définitivement éloigné de notre sujet initial. Viennent les sujets bateaux comme le financement public des mosquées, la régulation de l'immigration, le regroupement familial, les cartes de séjour, la délinquance, on dénonce l'organisation de l'immigration et la burqa, le fait que la majorité nie la réalité de ce que vivent nos concitoyens... Fort bien, mais le sujet n'est pas traité et on attendait plus de souffle de la présidente du parti de la nation au sujet de cette même nation !


Bruno Gollnisch à droite derrière le prince Louis

D'autres ont le bon goût de parler de notre identité nationale en d'autres termes et contre des adversaire autrement plus coriaces que Jean-François Coppé, et je rend hommage à Bruno Gollnisch qui croit qu'« il y a un peuple français », que la France « a existé plus de treize siècle avant la République », que c'est un « fait historique », qui voit dans la nation française des « composantes celtique, latines et germaniques» , une nation qui s'est « répandu sur les mers », qui nous apporte un « héritage extraordinaire », « une des civilisations les plus brillante que la terre ait porté », et qui parle de « nos villages, nos terroir, nos clochers » et concluant par « c'est une France charnelle que j'aime » ! C'est agréable d'entendre de vrais défenseurs de la nation qui parle d'elle en des termes adéquats et qui osent s'exprimer avec courage à son sujet en évoquant son histoire avant 1789 face aux vrais fossoyeurs de notre civilisation que sont des Mélenchon et consort qui nient purement et simplement notre histoire et nos origines nationales ! Mais depuis que j'ai vu Monsieur Gollnisch auprès du prince Louis sur une photographie prise à Lyon au début des années 2000, je ne puis m'empêcher de penser que celui-ci a une fibre légitimiste, et c'est tant mieux ! Vive les vrais défenseurs de la nation, Vive la France !

lundi 5 juillet 2010

Saxe-Hussards, cercle légitimiste


Mutigney

La mouvance légitimiste se dirige vers un tournant de son histoire. Cette mouvance royaliste avait repris de la vigueur grâce à l'engagement personnel de feu Sa Majesté le roi Alphonse II et de ceux qui ont su le conseiller. Vingt ans après, le légitimisme ressemble à une grande jachère. Une jachère fleurie où toutes sortes de variétés de fleurs se démènent pour atteindre le soleil, où toutes sorte d'insectes viennent butiner pour faire leur miel dans une joyeuse confusion d'où ne ressort aucun grand projet commun. Sous prétexte de légitimisme, chacun vient faire valoir ses opinions souvent tranchées en matière de religion, d'institutions, d'organisation de la société, de mœurs et que sais-je encore. Chacun agite là un étendard qui n'est en aucun cas celui du légitimisme, le légitimisme n'étant par lui-même que la fidélité aux lois fondamentales et au roi qu'elles désignent. Il suffit de voir les quelques personnes dont s'entoure le roi pour comprendre que certaines chapelles légitimistes sont hors jeu. Il suffit d'entendre les récentes déclarations du roi pour se convaincre que les vieilles crispations rétrogrades et le mysticisme échevelé n'ont plus leur place au sein de ce qui pourrait être une grande mouvance légitimiste unifié, et pourquoi pas, un mouvement légitimiste projeté dans l'avenir, efficace.

Nous ne cautionnons pas davantage les tendances parlementaristes les plus libérales dont la philosophie est incompatible avec l'idée monarchique. On ne se bat pas pour un roi d'opérette. Reléguer le fils de Saint Louis au rang de fantoche serait la pire insulte faite aux Capétiens. C'est donc à chacun de faire un pas l'un vers l'autre. Nous ne pouvons plus concevoir le légitimisme comme étant associé à une religiosité anachronique et dont l'effet repoussoir sur la population est avéré, non plus que nous ne pouvons admettre des schémas sociaux idéalistes tels que la décentralisation intégrale, le corporatisme roi, la cellule familiale comme pilier, etc. sans aller à l'encontre de l'intérêt du roi et, qui plus est, renier tout le travail accompli par ses prédécesseurs pour dégager l'État moderne de toute cette antique stratification de la société française.

Nous ne pouvons pas non plus renoncer aux valeurs et aux symboles qui nous semblent intrinsèques à la royauté française. Mais le roi Louis XX lui-même vit avec son temps et il doit être le roi de la France d'aujourd'hui. Notre objectif à nous, légitimistes, c'est de préparer celle-ci du mieux que nous pouvons à l'idée du retour du roi. Cette mission est un objectif exclusif des légitimistes. Toutes les réflexions et les actions qui peuvent avoir lieu autour de cet objectif doivent être exemptes des parti-pris, des préjugés politiques et des jugements d'ordre moral susceptibles d'être une source de division des légitimistes. La priorité absolue des légitimistes est l'unité. Cette unité du pays que nous attendons du roi nous devons commencer à la faire nous-même autour de lui. Il serait vain de croire à un éventuel retour du roi en l'état actuel de la mouvance légitimiste.


Emblème de Saxe-Hussards

Saxe-Hussards se constitue en cercle et entend s'efforcer de tendre vers l'équilibre qui pourrait peut-être un jour réunir les légitimistes autour d'un projet commun. Intransigeant sur le légitimisme en tant que tel, la fidélité au roi légitime, ouvert et tolérant sur tout ce qui n'est pas de nature à hypothéquer le combat légitimiste. Dans cette perspective, nous sommes heureux de vous annoncer la création d'un nouveau site légitimiste. Le site de Saxe-Hussard, cercle légitimiste, vient d'être mis en ligne.


Drapeau de Saxe-Hussards

samedi 3 juillet 2010

Légitimisme pur


Louis XX examinant les fragments de la Sainte Ampoule
brisée par Philippe Rühl le 7 octobre 1793 à Reims.



Notre civilisation

Une civilisation est comme un être vivant, elle naît, grandit et devient adulte puis elle vieillit et, si l'on n'y prend garde, elle meurt. Cela, l'Histoire nous l'enseigne. Mais toutes les civilisations n'ont pas la même longévité et rien n'empêche leur mort prématurée si elles subissent des chocs violents qui la traumatisent et finissent par l'amener à une lente et pénible agonie : la décadence. Ces chocs violents peuvent être les invasions, les guerres, une trop grande instabilité politique, mais aussi et surtout les révolutions. L'héritage mortifère des révolutions est un poison susceptible de gangréner et pourrir les civilisations jusqu'à leur terme fatal. De nombreux pays dans le monde ont eu à subir le choc des révolutions, leurs civilisations sont aujourd'hui moribondes, près de disparaître, faisant place à un présent privé repères et plein d'incertitudes quant à l'avenir.

Nous tenons à la civilisation qui est la nôtre. La civilisation française à commencé de naître alors qu'agonisait l'empire romain. Après quatorze siècles d'évolution et plus de cent rois, elle fut éprouvée par plusieurs révolutions suivies de régimes délétères, que ce soit les sanglantes tyrannies impériales ou encore les sombres républiques bourgeoises cumulant les pouvoirs politique et financier et annonçant encore bien d'autres bouleversements terribles. Nous voulons penser qu'en l'état actuel des choses il est encore possible de sauver notre civilisation et nous reprendrons, en partie, à notre compte ces paroles de Saint Pie X : "La civilisation n'est plus à inventer... Il ne s'agit que de l'instaurer sur ses fondements naturels et divins contre les attaques toujours renaissantes de l'utopie malsaine, de la révolte et de l'impiété : Omnia instaurare in Christo" citées dans l'avant-propos du Manifeste légitimiste de l'Union des cercles légitimistes de France par Hugues Saclier de la Bâtie, bien que nous n'entendions aucunement restaurer un ordre chrétien exclusif ni aucun autre ordre de nature religieuse en France.

En revanche, nous pensons que Maurice d'Andigné s'est presque totalement fourvoyé en déclarant : "Avant d'être royaliste, je suis catholique et français. Je dirais même que je ne suis royaliste que parce que je suis catholique et français." C'est là subordonner la cause royale au fait religieux et à la notion moderne de nationalité. C'est méconnaître notre Histoire et comment nous sommes venus au Monde. La France éternelle que nous voulons défendre trouve son origine dans la royauté franque. La dignité royale dans la Francia* originelle des Francs préexiste à la christianisation des Francs, c'est notre toute première institution, et c'est surtout par cette royauté, bien davantage que par le christianisme que s'est forgée notre nation, même si celui-ci y a joué un grand rôle. Cette vérité historique se traduit aujourd'hui par une réalité de fait, sa conséquence naturelle : on peut être royaliste et ne pas être catholique, on peut être catholique sans être royaliste, loin s'en faut. Des deux assurément les premiers sont les plus français !

La religion, comme l'athéisme, est une affaire de conscience pour chacun d'entre nous. Nous, hussards du roi, ne sommes pas des croisés et encore moins des missionnaires ! Notre combat commun est celui de la restauration monarchique réelle dans le pays réel. Un combat pour nos racines les plus profondes, pour ce qui est le socle originel le plus intime de notre nation : la royauté. En cela nous rejoingnons partiellement Maurice d'Andigné : Nous sommes royaliste parce que nous sommes français. Mais nous ne parlons pas de n'importe quelle France, nous ne parlons pas de la notion moderne de nationalité française. Nous parlons de la France que nous voudrions éternelle, celle qui a un destin historique et même méta-historique à accomplir. Nous ne parlons en aucun cas de la France chaotique et avilie par la Révolution qui se perpétue encore de nos jours avec la Ve République. Pour nous Louis XX, bien que né à Madrid, vivant à l'étranger et ayant un fort accent espagnol, est bien plus français que n'importe lequel d'entre nous. Il est le sang de France.



Massacre des gardes lors de la révolution de 1830

La Révolution

Il y a donc selon nous deux sortes de Français : ceux, le petit nombre, qui sont fidèles à leur histoire, et qui tente de continuer de l'écrire sans complaisance pour l'époque que nous traversons, et ceux, aveuglés par les promesses mirobolantes de la Révolution, qui se laissent entraînés dans la faillite inexorable d'une France dénaturée, hélas le plus grand nombre. Nous voulons croire que cette France apparemment en faillite est l'expression de l'adolescence de notre civilisation et non de sa fin imminente. Elle commence par une attitude de défiance vis-à-vis de la monarchie traditionnelle, symboliquement, la paternité. Et elle va jusqu'au meurtre du père, l'assassinat de Louis XVI. Elle se poursuit par une attitude dangereuse et ambiguë, tiraillée entre des attirances incompatibles vers le confort de la facilité représenté par des privilèges appelés libertés d'une part, et par la séduisante et ténébreuse dureté morale représentée par l'ordre et l'imperium d'autre part.

Cette dualité gagnera l'Europe entière, puis le monde. Autrement dit la Révolution deviendra mondiale et l'on verra les conséquences funestes de celle-ci dans les aspects les plus extrêmes que revêtira cette dualité. On verra encore toutes sortes de gens et de castes pour tirer partie de ces grands déséquilibres en termes de richesses et autres avantages matériels ou flatteurs pour l'ego. Mais les effets dévastateurs à long terme de cette orgie commence déjà de se faire sentir et la paupérisation généralisée des populations de la planète, y compris dans les pays développés, annonce de redoutables cataclysmes et des jours bien sombres.

Nous, royalistes légitimistes, luttons avant toute autre chose pour le roi légitime, pour la restauration de la monarchie, pour la suprématie des Lois fondamentales du royaume, en d'autre termes, pour le rétablissement de l'équilibre en France par l'Unité. Seul un roi peut permettre cette Unité. Nous pensons avec Saint Thomas que :"Rien n'est plus propre à assurer l'unité que ce qui est un par soi". Nous pensons que ce serait là pour notre civilisation une façon de se réconcilier avec son père, le moyen de devenir enfin adulte. Nous voudrions que la France assume la royauté qui est la sienne et soit en mesure de puiser à nouveau dans le trésor de ressources que cela représente.



Henri de Guise (1550-1588), fondateur
de la Sainte Ligue


L'ornière religieuse

Nous n'avons aucunement la prétention de "restaurer le règne politique de Notre Seigneur Jésus Christ" selon le mot d'Hugues Saclier de la Bâtie. Nous croyons que les voies du Seigneur sont impénétrables et que Son règne viendra en son temps, voulu par Lui. Notre ambition est plus modeste et tiens compte des réalités du monde physique dont nous sommes irrémédiablement tributaires. Cette contrainte est aussi dans un enseignement du Christ : "Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu." Matthieu 22.21. Notre combat se limitera donc à restaurer le règne politique du roi. Nous ne sommes pas des moine-soldats, nous sommes les hussards blancs de Sa Majesté.

Nous insisterons donc sur trois réalités majeures :

• D'abord, l'Histoire de France nous enseigne que les intérêts de l'Église et ceux du roi furent longtemps antagonistes et l'objet de véritable luttes, et que le pouvoir royal s'est souvent affirmé au détriment de la papauté. Ce au point qu'apparaisse une doctrine religieuse et politique sous-tendant l'organisation d'une Église catholique de France largement autonome du pape, le gallicanisme, qui, bien que fidèle à l'Eglise de Rome, affirmait la spécificité française et notamment la suprématie incontestable du pouvoir temporel du roi dans le royaume.

• Ensuite, force est de constater que l'excès en matière de religion fut souvent la source de catastrophes sanglantes et mit en péril l'intégrité du royaume de France et jusqu'à la royauté légitime. Il suffit de se souvenir des différentes guerres de religions et en particulier de la Sainte Ligue qui fit commettre le plus grand des crimes à nos yeux, celui d'assassiner le roi et de tenter d'empêcher le nouveau roi légitime de ceindre la Couronne ! Donc, point d'excès en religion, nous recommandons la prudence. Nulle religion n'est à l'abri de la folie humaine, en d'autres termes, de ce que nous appelons aujourd'hui l'intégrisme. Tout fanatisme est par essence coupable des graves troubles que par sa nature même il déclenche. Il est la source de la division et du déséquilibre, l'ennemi de la paix et de l'unité.

• Enfin, Nous croyons que le roi est l'incarnation de l'unité de la nation. Or la nation d'aujourd'hui a définitivement perdu son unité de religion. Si de nombreux Français se disent encore catholiques, de nombreux autres sont agnostiques, athées ou encore d'autres confessions les plus diverses. Il serait illusoire, pour être poli, de songer à rétablir une unité de religion en France. Il est nécessaire cependant que le roi représente l'unité de la nation et ce malgré toute la diversité qui la caractérise. C'est pourquoi, si le roi est catholique, il est vain en revanche de combattre pour le catholicisme sauf à faire un prosélytisme dont nous ne voulons pas, étant incompatible avec notre seul vrai combat, notre combat pour l'unité, notre combat pour le roi ! On peut conclure en disant que la religion du roi et celle de ses sujets ne forment plus une unité et que par conséquent, le religieux relève dorénavant de la sphère privée, hormis naturellement le sacre royal et les autres manifestations traditionnelles de nature religieuse autour du roi et de sa famille qui revêtent nécessairement un caractère public.

Après avoir pris conscience de ces trois réalités, nous nous garderons bien de tomber dans le piège d'une religiosité excessive et, en nous libérant de celle-ci, nous nous placerons résolument dans notre époque pour mener un combat d'avant-garde et non plus un combat d'arrière-garde voué à l'échec ! Cette distance, qui n'est pas une rupture, avec la religion catholique romaine dans le contexte de notre combat royaliste autant que notre souci permanent des priorités de ce combat nous amène à une lecture renouvelée de nos Lois fondamentales du royaume.



Le baptême de Clovis Ier à Reims

Les Lois fondamentales du royaume


Les Lois fondamentales du royaume, consacrées par la coutume, sont considérées par nous comme intangibles et supraconstitutionnelles. Elles sont à l'image d'un diamant exempt de toute imperfection et inaltérable. Ce sont ces lois qui règlent la dévolution de la Couronne de France. Parmi elles, certaines sont appliquées dès la plus haute antiquité, d'autres émergent au cours de notre Histoire pour que ce trésor si digne de notre émerveillement nous soit manifesté dans toute sa plénitude. Nous sommes donc amenés à introduire une hiérarchie entre les lois de dévolution de la Couronne liée à l'ancienneté de la coutume qu'elles formalise.

•La loi qui nous apparaît comme la plus antique est probablement la loi de masculinité. En effet, aussi loin que l'on puisse remonter dans l'histoire des Francs, aucune femme n'accède jamais à la dignité royale par elle-même et une femme n'est jamais reine que comme épouse du roi. La loi de masculinité, ou agnation, nous paraît donc primordiale et, outre le caractère guerrier du modèle du roi, peut être encore associée au caractère sacré de la fonction royale, que ce soit le culte païen des Ases ou bien plus tardivement la nature du Sacre royal. Cette tradition est permanente dans toute l'histoire des Francs et de la France et garantit, dans la société patriarcale qui est la nôtre, la continuité dynastique qui jouera un rôle si essentiel dans la continuité de la Couronne, puis de l'État.

• La loi qui remonte également à la plus haute antiquité et qui semble une tradition presque universelle dans l'histoire des monarchies, c'est la loi d'hérédité. Ne peuvent devenir rois que les enfants du roi. Elle fut bafouée seulement à deux reprises dans notre histoire qui vit trois races royales se succéder, donc deux changements de dynastie. Cette loi implique que l'héritier soit un enfant légitime, c'est-à-dire né d'un mariage légitime. Contrairement à la légende républicaine, la royauté ne fut jamais élective à proprement parler. Dans les périodes de trouble ou eurent lieu les changements dynastiques, le roi était simplement acclamé par les grands pour asseoir sa légitimité incertaine. Cette tradition se perpétua avec les premiers Capétiens. Chez les premiers rois francs en revanche, l'hérédité et le partage entre les héritiers était la tradition.

• La loi qui semble naturellement découler de la précédente est celle de la collatéralité. Tous les fils légitimes et descendants légitimes par les mâles des rois sont susceptibles de ceindre la couronne.

• Les deux précédentes lois ayant de fait donné lieu dans l'histoire à de nombreux partages du royaume des Francs, à des guerres fratricides et au morcellement final de l'empire carolingien où il ne restera du royaume des Francs que la France occidentale, et au vu des tentations d'indépendance des principautés territoriales ainsi crées, une nouvelle loi, méditée sans résultat par les derniers carolingiens, est affirmée avec les premiers Capétiens : la loi de primogéniture. Ainsi la dignité royale échoit au premier né des fils du roi ou à défaut à l'aîné des collatéraux et ainsi de suite. Cette loi fit la force exceptionnelle de la dynastie capétienne.

• De cette loi va en découler une autre : la continuité de la Couronne. En effet, le roi étant maintenant automatiquement désigné par la coutume, il est bientôt considéré comme roi dès l'instant ou meurt le roi précédent. À cette loi correspondra l'adage "le roi est mort, vive le roi !". Son importance est capitale. Il n'y a plus d'interrègne et la continuité de la Couronne se confondra bientôt avec la continuité de l'État qu'elle préfigure.

• On n'est jamais trop prudent et afin de garantir la parfaite continuité de la race royale dans l'ordre dynastique voulu par les lois et en vertu de la croyance que c'est par le truchement de ces lois qu'agit la Providence, une loi nouvelle apparaîtra : la loi d'indisponibilité de la Couronne. Le fait que la Couronne soit indisponible implique que le roi ne puisse choisir son successeur, qu'il ne puisse renoncer à la couronne ni pour lui ni a fortiori pour ses descendants, qu'il ne puisse abdiquer. Cette loi grave dans le marbre le principe de toutes les autres lois. Il n'y a désormais plus aucune place pour le hasard dans l'ordre de succession à la Couronne de France sinon la main de la Providence.

• La dernière de ces lois apparut alors que les guerres de religion faisaient rage et impliqua la conversion d'un roi par ailleurs légitime, Henri IV. C'est la loi de catholicité.

Le roi s'engage lors de son sacre à se soumettre et à maintenir les Lois fondamentales du royaume de France. Nous, hussards, nous engageons à défendre ces lois et à les considérer comme d'essence supérieure à toutes les autres, car leur sagesse infinie est le fruit de très nombreux siècles et les conceptions actuelles issues de la Révolution ne sauraient avoir raison d'elles. Par le miracle de ces lois, le roi est bien vivant, il l'a toujours été et il le sera toujours dans l'avenir. Tout espoir n'est pas perdu pour la cause légitimiste soulagée du poids ses scories, L'espérance reste de mise pour la royauté française.

*voir la Tabula Theodosiana.

mercredi 11 novembre 2009

Fils de Saint Louis


Henri IV, Charles X, Henri V, Louis XX

Le temps est peu propice à herboriser et nous mirons ainsi en cette fraîche matinée notre conscience de légitimiste dans l'or des monnaies et médailles à l'effigie de nos rois. Celles-ci nous paraissent être des luminaires semés tout au long d'un grand pont entre les âges et nous sommes saisi de vertige en détaillant les inscriptions et les augustes profils depuis les origines jusqu'à nos jours. La suite des Bourbons, issus de Saint Louis, nous émeut au plus haut point et nous ne pouvons réprimer un soupir en considérant le visage de Henri IV qui lui succédera tant de générations après sans qu'on eusse pu prédire que sa lignée deviendrait, au triste jour de l'assassinat de Henri III par l'insensé Jacques Clément, dynaste pour la suite des temps. Je me perds encore dans la contemplation des Bourbons et mon coeur bat pour Charles X, si mal aimé, Henri V, qui n'accédera pas au trône, et enfin notre contemporain, Louis XX, fils de Saint Louis, dont la médaille est semée de fleurs de lis.


Paris, pont Alexandre III

Nous songeons au temps qu'il peut faire à Paris, capitale de nos rois, qui fut notre deuxième mère et que nous aimons viscéralement. Quels ors en son ciel de marbre peuvent luire de tout leur éclat dans la cité royale ? Ces ors, nous les connaissons bien, ce sont ceux du pont Alexandre III et du dôme des Invalides, joyau de notre capitale voulu par le Grand Roi. Notre pensée va donc à Louis XIV et à cet édifice dont la splendeur irradie dans tout un quartier de Paris et qui constitue un symbole monarchique achevé, par la majesté de son architecture bien sûr, mais aussi par le lieu tout à la foi militaire, religieux et royal qu'il incarne par sa fonction, son église, le patronage de Saint Louis et la volonté de son fondateur.


Les Invalides vues de la rive droite de la Seine

Souvent nous avons emprunté le pont Alexandre III, parfois la tête en l'air, ou traversé l'esplanade des Invalides en admirant sa façade si sobre, tendue par des rythmes de pierre qui lui confère sa verticalité et sa puissance incomparables. Nous nous sommes arrêté devant les vieux canons vert-de-gris et les armes royales qui ornent la grille d'entrée. Cet ensemble admirable qui s'étend sur la rive gauche de la Seine, et d'où émerge une magnifique coupole dorée dont le lanterneau pointe en direction du ciel une flèche acérée, nous semble un havre de la tradition royale toujours actualisée, année après année, par les cérémonies qui y prennent place en présence des plus hautes autorités militaires ainsi que de la plus haute autorité morale, le prince lui-même.


Paris, Hotel des Invalides

Il se joue alors dans ce sanctuaire des armées, haut lieu de la valeur militaire reconnue et récompensée, hymne à nos anciens qui combattirent pour sauvegarder notre liberté et en furent marqués à jamais dans leur chair, un rituel sacré, la messe de fondation. Celle-ci célèbre la création par le roi Louis XIV d'un lieu unique au monde où tous les malheureux, victimes de la guerre et contraints à l'indigence parfois extrême purent trouver, plus qu'un refuge, un honneur, une fierté, une nouvelle vie. Cette acte fondateur du roi, témoignant de sa profonde sagesse et mansuétude, est donc chaque année célébré par une messe en l'église Saint Louis des Invalides, suivie d'une réception, et à laquelle participe naturellement et fidèlement le successeur du roi, notre prince, Louis XX.


Louis XX et la princesse Marie-Margueritte aux Invalides

Voici plus d'un mois que s'est tenue cette célébration si symbolique et dont nous nous réjouissons toujours qu'elle ait lieu en présence du roi tant il est vrai que par sa nature elle transcende les régimes et les couleurs sous lesquels elle pourrait se dérouler. Nous avons cependant eut connaissance d'un commentaire qui l'évoquait en des termes sous-estimant, voire négligeant, son rôle fondamental en tant que lieu de manifestation du prince où celui-ci prend toute l'ampleur de sa fonction royale, fut-ce uniquement au plan symbolique. Ce commentaire n'est autre que le billet Légitimisons, déjà cité, de notre confrère Catoneo dans la chronique passablement légitimisante Royal-Artillerie, auquel j'avais répondu en le citant par le billet Zone piétone, et où ce dernier tire à boulets blancs, si j'ose dire, sur l'événement.


Canon devant les Invalides

Il convient pourtant, en tant que légitimiste, c'est-à-dire de défenseur de la légitimité, de convenir que cette célébration est, avec peu d'autres, le lieu par excellence de la présence du prince. Cela veut dire que le prince incarne dans le cadre de cet événement le lien entre l'Histoire et le présent, et en fait, entre celui par qui cet événement à lieu d'être, le roi, et l'événement lui-même. On ne saurait trouver au prince de meilleur place dans l'actualité que celle où il représente effectivement et officiellement le roi. On s'offusquerait même qu'il eut une fonction officielle en dehors de cela. C'est sans doute la raison pour laquelle les lieux où le prince se manifeste physiquement sont chose rare.


Cour des Invalides

Ce mois de septembre dernier, le roi de jure Louis XX, notre prince, se rendit donc à cette célébration comme chaque année, y étant invité par les autorités qui sont ainsi fidèles à leur devoir envers son autorité morale et le manifestent. Ce n'est pas rien. S'il n'y eut ici nul bain de foule, nul cris de « Vive le roi ! », nul presse people aux aguets, il y eut revanche des personnalités de la République se soumettant à un rituel en partie chrétien dans lequel notre prince prend une place prépondérante. Nous ne pouvons que nous en réjouir. L'heure, loin d'être aux combats, que nous n'appelons pas de nos voeux, est à la validation de fait par les meilleures élites de la légitimité. Il y a encore un abîme entre la réalité et cette ambition, mais elle est la seule qui puisse être envisagée pour nous dans l'immédiat car c'est d'elle, avec le temps, qu'émanera la confiance puis l'aspiration si nécessaires du peuple. Nous croyons que la royauté légitime doit par ce moyen redevenir, d'une certaine manière, à la mode.


Acceuil du prince, Louis, aux Invalides

Mais revenons à notre événement. Le point d'orgue de ces célébrations est la messe en l'église Saint Louis des Invalides. C'est dans cette splendide nef d'un blanc royal que va avoir lieu l'un des offices religieux les plus significatifs de l'ancienne France continuée jusqu'à nos jours, la Messe de fondation des Invalides. Cette messe célèbre trois choses simultanément. D'abord, elle célèbre la fête de Saint Louis, sous le prestigieux patronage duquel est consacrée. Ensuite, elle commémore la consécration, ou dédicace, de cette nouvelle église, le 25 août 1706. Enfin elle fête l'anniversaire de la création de cette institution par le roi Louis XIV, aïeul de SAR le prince Louis de Bourbon, Louis XX.


Eglise Saint Louis des Invalides

A travers la célébration de la dédicace, l'Eglise célèbre ainsi la réalité même de l'Eglise en tant que corps du Christ, peuple de Dieu. C'est l'évêque aux armées, Monseigneur Patrick Le Gal, qui présida la cérémonie de septembre dernier dans l'église Saint Louis des Invalides qui a fonction de cathédrale du diocèse aux armées. La messe fut faite célébrée par le nouveau gouverneur des Invalides, ancien chef d'état-major de l'armée de terre, le général Bruno Cuche. Le protocole voulut que le gouverneur et l'évêque accueillissent le prince à l'entrée de l'église avec les égards dus à son rang autant qu'à ce qu'il représentait dans le contexte de cette célébration, l'héritier moral du roi. Le roi était donc présent en chair et en os, comme il le fut les années précédentes, n'en déplaise aux esprits chagrins qui ne voient là que parades et mondanités, et à ceux qui auraient carrément préféré son absence pour mieux faire valoir celle d'autres princes moins bien nés.


Louis XX et la princesse Marie-Marguerite lors d'une messe aux Invalides

Il a dans cette tradition une adéquation remarquable entre le nom de l'église, qu'elle tient de son patronage, celui de Saint Louis, le nom de son fondateur, le roi Louis XIV et le nom du prince qui est invité à y représenter ce dernier, Louis de Bourbon ou, plus exactement Louis de France, la Maison de Bourbon étant la Maison de France. Nous voulons croire que la Providence n'y est pas étrangère et que si cette tradition perdure avec la présence du prince, Louis, nous devons y voir le gage le plus éblouissant de sa légitimité en tant que roi désigné. Ne l'affirme-til pas lui-même en arborant, malgré l'interdit dont le frappe la loi actuelle, la croix de l'Ordre du Saint-Esprit à la boutonnière, ordre duquel le prince est seul Souverain Grand-Maître ? Quelque républicains que soient les ors et les couleurs associés à la commémoration, c'est la puissance du roi et sa grâce qui y sont célébrés. De même le prince ne salut pas un homme portant le drapeau de la République mais un porte-drapeau français. Il ne s'entretient pas avec un homme ayant servi la République mais avec un pensionnaire de l'Institution nationale des Invalides.


Dais de l'Eglise Saint Louis des Invalides

Nous noterons lors de la dernière cérémonie la présence d'autres princes, notamment le prince Charles-Emmanuel de Bourbon de Parme et sa famille, et le prince Jacques d'Orléans. Etaient présents également de nombreuses personnalités de la haute fonction publique et de l'armée : le président du Sénat, Monsieur Gérard Larcher, le gouverneur militaire de Paris, le directeur du Musée des armées, le général Robert Bresse, l’amiral Lanxade, abcien chef d’état-major des armées et ancien ambassadeur de France à Tunis, le général Jean Combette, président du Commité de ravivage de la flamme sous l’Arc de Triomphe, le fils du Maréchal Leclerc, le comte Hubert Leclerc de Hautecloque, le colonel Jacques Allaire qui sauta sur Dien-Bien-Phu. Nous noterons aussi que l'Institut de la Maison de Bourbon, dont le prince est le protecteur, était représenté par son président, le prince de Bauffremont, acompagné du vénérable duc de Bauffremont, président du Mémorial de France à Saint-Denys. Enfin des délégations de l'Ordre souverain de Malte, dont le prince est le plus jeune Bailli Grand-Croix d'Honneur et de Dévotion, et de l'Ordre du Saint-Sépulcre - doit-on rappeler que le prince est roi titulaire de Jérusalem ? - étaient présentes également.


Le prince, Louis, suivi du prince Charles-Emmanuel de Bourbon-Parme

Nous repensons à cet événement et songeons que parmi toutes ces personnalités de marque autour de celle du prince aucune ne peut prétendre à être son égale. Elles le savent. Pourtant, le Saint patron de cette église est bien le modèle du saint roi, celui du thaumaturge qui touchait les écrouelles, celui qui lavait les pieds des pauvres, celui qui est mort en croisade de la maladie de ses hommes et au milieu d'eux, et le roi, celui qui a fondé cette institution, l'a fait dans un haut geste de compassion et de générosité, pour ses hommes. Le prince est donc plus que jamais à sa place dans ce lieu sacré où sans pouvoir être égalé dans sa dignité, il est moralement le plus proche des plus nobles des indigents et des plus honorables des nécessiteux, du moins incarne-t-il les rois ses pères qui le furent de facto. Vive le roi !


Entrée d'honneur et dôme de Saint Louis des Invalides

jeudi 5 novembre 2009

Le songe nocturne



Nous entendons les clameurs sourdes des régiments royaux, claquer des étendards, mais ce sont simplement les volets. Nos paupières s'ouvrent sur l'atmosphère vibratoire de la chambre. Nous sentons le vent noyer chaque anfractuosité de la paroi extérieure et devinons le halo d'une lune argentée. Les thèmes qui furent abordés ces derniers jours pour inaugurer cette chronique française, de même que ceux qui sont envisagés, tournoient dans notre esprit, s'entrechoquent pour former de nouveaux motifs. Nous sourions en préparant notre plan de travail, café, tabac. Il est minuit passé et nous sommes bien, calé dans notre vestige de chaise, face aux pixels dociles de l'iMac. Wax Tailor, Tales of the forgotten melodies.



Les clameurs qui nous occupent en ce lieu, ce sont celles du combat légitimiste, ce combat que nous tenons pour sacré et dépassant par sa noblesse toutes les ambitions les plus honorables fors la sainteté. Cet engagement libre et sincère peut-il racheter nos fautes les plus odieuses, Dieu seul le saura jamais en ce monde. Nous ne pouvons que croire que, hormis par les miracles et les prophéties sur lesquels nous nous garderons de compter, la Providence révèle ses desseins les plus vastes par l'Histoire des hommes. C'est donc, songeons-nous, dans cette ample respiration des civilisations que l'Homme doit chercher la clef de son salut terrestre.



Nous l'avons deviné dans notre jeune âge sans pouvoir y mettre de mots et avons été émerveillés par les images et les couleurs portant en elles le sens des volontés cachés qui animent le monde et le parcourent. Nous nous y accoutumâmes sans même le savoir et en fûmes imprégnés de plus en plus, cherchant en désespérant de trouver, trouvant sans pouvoir nommer. Nous prîmes conscience que le lieu par excellence de l'Histoire est le futur et que tous les possibles de celle-ci résident dans la lame affilée et insaisissable de l'instant qui le fige irrévocablement. Il est le lieu sacral du surgissement. La Ténèbre des Ténèbres nécessaire à l'accomplissement.



Le paradoxe est que c'est ce futur qui nous livre toutes les clefs de l'Histoire car c'est vers lui que nous nous tournons lorsque cesse en nous la rêverie et que se dessine la volonté, mûrie comme un fruit près de se cueillir, qui en jaillit. Cela s'appelle le Haut Geste, l'action noble. C'est le pont magique de l'Histoire en gestation, celui sans lequel on ne pourrait lui donner son sens si précieux, existentiel. C'est donc dans l'avenir que nous allons chercher l'Histoire. Symboliquement, par notre quête sans fin, par notre méditation de celle-ci, par notre combat. Authentiquement, par notre projet, par notre motif, par notre fin ultime. Désespérément, par notre fidelité, notre compassion, notre amour.



L'idée qui nous tiens désormais à coeur est d'ouvrir la lourde porte d'airain de l'Histoire et de sentir au fur et à mesure l'appel d'air qu'elle produit avec notre futur. Nous ne savons pas toujours, tant elle est labyrinthique, ce qu'elle réserve à nos yeux stupéfiés, mais nous avons déjà puisé aux sources cachées du grand réseau des Temps en mouvement et sommes prêts à affronter notre intime conviction au effets de miroirs de l'Histoire dans nos découvertes matérielles. L'Oeuvre est ainsi la compilation, nectar essentiel, la conservation, lieu des sentinelles et la transmission, don de soi et amour de l'autre. L'Histoire se fera ainsi songeons-nous encore. Nous devons en fait la rappeler à elle-même.



Il semble simple, évident même, mais cette acte suprême, enfant de notre conscience, est semé de pièges et de dangers. C'est dans cette acte que nous verrons les forces contraires et le pouvoir terrifiant du Démon, jusqu'à l'intolérable. Ne nous méprenons pas. Face à un tel dérèglement du monde, la violence inouïe du Mal se projette comme aimantée sur le preux et le heurte, le blesse, l'avilit, le rend fou et enfin le tue. Les premiers symptômes de notre marche vers la lumière sont négatifs et douloureux, qui n'a jamais eu peur dans la nuit noire ? Ils engendrent le doute, la solitude, l'humiliation. Mais confiants malgré tout, nous nous rappelons ce que la nature nous enseigne. Il n'est pas d'accouchement sans peine.



De même nous ne saurions ordonner l'Histoire à sa place. Il convient de la découvrir, de l'apprivoiser, de l'écouter par notre peine pour qu'elle se réalise. Elle pourra paraître confuse, désordonnée ou même paraître sans qu'on la distingue le moins du monde. Elle apportera la récompense par son vecteur même : le Temps. La Vision ne se fera qu'à la fin des Temps. Il faut en être. Nous ne voulons, ni ne pouvons déchirer son voile complètement et seuls des indices et des parcelles, des jeux de figures, des retours soudains seront notre lot. Nous serons souvent guetté par le découragement ou la lassitude face à l'ampleur de notre tâche, nous ne devons pas cependant basculer dans l'excès inverse et négliger nos devoirs envers nous-mêmes et envers les autres, nous invaliderions notre travail et nous nous détruirions. Tout comme le doute, le redoutable orgueil sera toujours là, près de faire son oeuvre.


Franc à cheval de Jean II

Comme nous aimons à le rappeler, la vitesse nous flatte. Mais cela est vite oublié et l'impatience engendre de nouvelles douleurs. La précipitation, de nouvelles difficultés. Nous nous devons l'exactitude, la précision. Nous les devons à notre Histoire. Sans elles, elle ne viendra pas à nous. Nous ne pouvons nous permettre d'en être indigne par négligence. Ce serait nous condamner à être des gens ordinaires, et pire encore, car nous aurions gâché notre fibre sacrée, notre grâce. Nous ne pouvons vouloir cela sans nous faire les complices du Mal le plus insidieux et le plus puissant : la paresse. Elle nous rend indisponibles pour l'Oeuvre, inexistants. La découverte de la Sagesse ne peut souffrir de demi-mesures. On s'y adonne, tranquillement mais pleinement. Nos premiers travaux de redécouverte seront ardus et nécessiteront le concours de toutes les volontés sincères qui désireront apporter leurs intuitions, leurs connaissances et leurs réflexions, sans négliger leur humour, qui recèle parfois de profondes vérités.


Franc à pied de Charles V

François Couperin, Mistérieuses barricades. Tabac, café. Nous retenons de la réflexion à laquelle nous nous sommes livrés que notre combat est voulu par l'Histoire. Elle devient son alliée dès lors que nous montrons des qualités de dévouement, d'humilité, de persévérance et de patience. Seule une véritable foi puisée au fond de notre coeur, origine de nos sentiments, peut soutenir et véhiculer notre action. Nous devrons nous préparer à l'accomplissement des arcanes des Temps en vivant chacun de nos instants comme tendus vers notre projet commun, le Haut Geste. Enfin nous prierons et nous rappellerons toujours que nous devons nous montrer dignes de la vie qui nous a été donnée par Notre Créateur. Nous étudierons bientôt les différents aspects de notre quête. Est-il utile de préciser que notre allure et notre comportement à l'égard des autres ne se verront pas changer par fantaisie, mais se modifieront insensiblement dans le temps. Point de mysticisme échevelé à la face du monde donc ! Nous sommes sereins et disponibles. Le vent nous enveloppe toujours de son souffle inextinguible. Il pleut.

mercredi 4 novembre 2009

Annonçons la couleur !



En voyant les nuages pleins de protubérances dont l'écume se refroisse en de larges ressacs, nous ne pouvons nous empêcher d'y voir l'étendard de lumière que nous aimerions contempler flottant au sommet de nos monuments, le pavillon virginal que nous voudrions apercevoir dansant à la poupe de nos bâtiments, et il n'est pas jusqu'aux laques noires de nos berlines officielles où nous ne serions comblés de le voir se mirer. Nos nuages dansent eux aussi et se meuvent avec la majesté des choses célestes, puis s'allument d'or vers la fin du jour. Notre drapeau rêvé, si calme et beau, se noie sous nos yeux captifs dans l'azur assombri et meurt déchiqueté, baignant dans un sang rouge qui annonce la nuit, lançant vers nous ses derniers feux.



Nous ne pouvons plus rien sinon attendre l'aurore, le nouvel été, le Grand Blanc, seul, radieux. Quel Roi-Soleil, quel vrai porteur de la lumière, nous rendra notre flamme immaculée et nous autorisera à abandonner enfin nos vieux flambeaux usés aux ombres si trompeuses ? Nous croyons, nous savons qu'il viendra. Quand, nous ne le savons pas, mais nous avons la direction dans laquelle regarder, comme un arc tendu dans le ciel, comme le mouvement même des astres, comme un orient sacré, c'est celle du Fils de Saint Louis, notre prince dans l'éternité.



Nous scrutons patiemment vers la nuit des temps qui vient soupirer, telle un vaste océan, jusqu'à nos pieds qu'elle caresse. Nous voyons dans ses plis bleus profonds nos rois peints sur des parchemins rehaussés d'or, et des myriades de fleurs de lis semés en elle comme des étoiles. Ces pâles lueurs démultipliées nous sont comme un langage mystique et nous guident loin dans notre Histoire jusqu'au vertige. Nous voyons la France elle-même se forger comme un métal chauffé recevant les coups du marteau dans un chaos d'étincelles multicolores, changeant de formes, s'aplatissant et se rétractant pour de nouveau s'étaler et commencer de dessiner sa forme.



Dans ce cratère originel, les couleurs varient sans cesse et se dérobent à peine apparues, comme les premières lueurs du jour dans l'eau vive. Nous voyons encore des chevaliers et des combattants chargés de métaux et d'émaux rutilants qui s'enchevêtrent et se confondent sous l'oriflamme dans la poussière levée de terre, les visages mouillés de leur sang. Nous voyons des Francs porter des étendards blancs frappés de croix d'or jusqu'au milieu du monde et y donner naissance à des rois. Des milliers de croix de toutes les couleurs accompagne des foules et des armées dans tout l'Occident et nous voyons la France porter bientôt en ses couleurs et ses victoires une croix d'argent.



Le rex francorum reçoit l'onction sacrée dans sa chemise de lin blanc qu'une rais de soleil inonde de lumière en même temps que l'hermine de son manteau de sacre. La jour frappe dès lors la Terre de sa lumière implacable et y dessine des ombres de plus en plus nettes. Le monde semble sortir de terre, droit, beau, ambitieux. Tous les objets de commandement et de prestige prennent sa couleur, jusqu'au panache du nouveau roi. L'on voit dans les rangs des armées aux atours magnifiques émerger des drapeaux et des écharpes blancs. Cette couleur prend progressivement toute sa place, souveraine, avec la grâce d'un prince, car c'est alors la vraie couleur de la France.



Notre dernier souverain sacré paradera sous des milliers de drapeaux blancs semés de lys ou frappés de ses armes, blancs comme le lait maternel de la France, blancs comme ses éminences resplendissantes, blancs comme les cheveux même du prince. Ce drapeau qui subit toutes les injures sous l'influence démoniaque des révolutions est pourtant le nôtre et nous l'aimons comme nous aimons notre roi. Nous chérissons son souvenir et l'appelons de nos voeux tout comme l'a fait le prince Henri pour son plus grand honneur ! Nul ne saurait faire marcher un homme fidèle à son prince sous des couleurs qui l'insulterons toujours et avilissent ses emblèmes sacrés, nos emblèmes communs et ceux de nos pères. Alors nous déclarons que nous marcherons ensembles pour Louis, fiers et remplis de joie, sous le vrai drapeau de la France, le drapeau du roi, le drapeau blanc !

L'Histoire a de l'avenir !

Nul n'est sans savoir que l'on a l'occasion chaque soir vers vingt heures de subir un flot en saccades d'informations fardées, d'inexactitudes, de vulgarités et même, quelquefois, d'aberrations. Les barons et baronnes de cette plage horaires sont coutumiers des faits et transforment régulièrement notre lucarne, le temps d'un journal télévisé, en véritable roulotte de charlatan. Comme tout bon charlatanisme, celui-ci n'hésite pas à se donner un ton faussement critique pour mieux vendre ses panacées et ses onguents enivrants et a user par ailleurs de la moquerie la plus facile et des accusations les plus viles afin de décrédibiliser les produits des autres et, par là, faire valoir sa propre probité. En l'espèce, son produit miracle s'appelle système et ses concurrents, alternatives. Nous sommes bien les premiers à vanter les mérites des seconds, notre élixir à nous étant l'alternative par excellence : la monarchie !


Sacre de Charles V

Si cette alternative-ci a pour elle un corpus d'arguments aiguisés comme des sabres, elle n'en a pas moins le défaut critique de n'être plus dans l'air du temps depuis la disparition d'Henri V, du moins pour ce qui est du temps médiatique. Les reporters en mal de microsujets de fin d'agapes n'auront pas – hélas ? – à faire rosir leur cuir dans l'autre hémisphère pour égratigner un peu plus notre image déjà fort abâtardie par les mouvances nationalistes d'inspiration maurassienne. Ils descendront simplement dans la rue, dans notre capitale, pour mieux remonter dans un deux pièces ordinaire et y rencontrer l'énième auteur d'un livre : Jean, fils cadet du duc d'Orléans. Mais revenons quelques années en arrière. De son vivant, feu le duc d'Orléans père, Henri, celui que l'on connaît surtout par ses frasques et dilapidations, héritier des traditions orléanistes de prétention à la Couronne de France, avait cru devoir modifié l'ordre successoral de cette dynastie parallèle en conférant à son petit-fils, le fameux Jean, le titre usurpé de duc de Vendôme et surtout en le faisant son dauphin au nez et à la barbe de son fils aîné, Henri et du fils aîné de celui-ci, François, frère de l'autre. C'est vous dire l'ambiance régnant au sein de cette famille.


Le duc d'Orléans

Fort de cela et du soutien d'une certaine frange de ce qui reste de l'Action française aujourd'hui, Jean aura eu la témérité de se croire en droit de prétendre à son tour à la Couronne de Saint-Louis ! Cela se traduisit pas quelques actes discrets, tels que voyages en nos belles provinces, création de l'association Gens de France, et tout récemment, la parution de ce fameux livre, des entretiens pour être précis, sous le pseudonyme malheureux « Jean de France ». Voilà donc le sujet qui servira d'entremets à nos avides vautours cathodiques. Nous ne l'avons pas lu et ne le lirons pas. Nous savons juste que le prince Jean y revendique l'héritage de la monarchie de Juillet. Mais nous sommes tombé par hasard sur ce reportage de France 2 et en avons conçu paradoxalement quelqu'espoir pour notre cause. En effet, le sujet est aussi plat que le prince, très mal préparé, que l'on voit dans une vie quotidienne assez terne où celui-ci nous présente son vélo, son bouquin et quelques bibelots, et prétend d'une voix plus que molle croire à la restauration de la royauté ! On y verra le bouffon autoproclamé, et très vendômiste, Stéphane Bern ne pas infirmer cette vision unipolaire du royalisme. Le sujet se clôt par ce commentaire ironique : « (les royalistes) croient au retour de la monarchie comme on croit au Père Noël ! ». Accablant ! À la limite de la correction de mise à l'égard d'un prince de son rang et,bien que fidèles à l'aîné des Capétiens, Louis XX, nous sommes les premiers à nous en émouvoir. Mais passons...


Jean d'Orléans

La trouble émotion passée, nous avons rapidement considéré ceci :
D'une part, la maison d'Orléans, par le fait notamment de s'étaler dans une certaine presse et résidant à Paris, dispose d'une tribune sensiblement plus large que le discret secrétariat de SAR le prince Louis qui ne vient en France pour des déplacements officiels. On peut ajouter à cela qu'elles est divisée, et soutenue par des mouvances souvent proches de l'extrême-droite bien qu'il y ait un effort dans le sens libéral du côté du prince Jean. Il en résulte que beaucoup de jeunes chez qui le sentiment royaliste commence à poindre se tournent vers l'orléanisme, par ignorance de la branche légitime des Bourbons. Mais on peut supposer que l'image catastrophique véhiculée par les médias concernant ces princes, et à laquelle ils contribuent eux-même, en plus des scandales et des divisions familiales, des divisions qui en découlent dans les mouvements qui ont fâcheusement tendance à se subdiviser encore jusqu'à la micronisation, enfin, de toute cette confusion malencontreuse, refroidisse passablement les impétrants.


Couronne du Dauphin

C'est une chance. Pour les légitimistes. Ces failles multiples, cette innocuité sinon cette contre-productivité peut, doit être le trébuchet vers le royalisme légitimiste dont nous sommes les tenants farouches. En clair : il est temps de profiter de l'incurie de cet orléanisme protéiforme pour agir avant que ne se perdent ou s'estompent trop de vocations déçues ! Nous avons la chance de disposer d'instances uniques dont le rôle est clairement défini. Chacun, au-delà des différences naturelles d'opinions, oeuvre dans le même sens. L'Institut de la Maison de Bourbon, crée par feu le roi Alphonse II, dont le protecteur est actuellement le roi Louis XX en personne, Le Mémorial de France à Saint-Denys présidé par le duc de Bauffremont, L'Union des Cercles Légitimistes de France qui irradient dans les régions. Il serait temps que cette grande machine, forte des arguments que lui confère la Légitimité et d'un roi bien réel, reconnu par les grands de ce monde et dont la personnalité est remarquable, se mette en branle et achève de diluer les derniers reliefs de ses contradicteurs définitivement enchaînés au passé le plus trouble ou parti s'enliser dans la politique oecuménique de Bruxelles. Nous avons confiance dans ce grand réveil et nous gardons de vouloir le brusquer de peur de provoquer une mauvaise humeur. Le temps joue toujours en notre faveur.


Louis XX et la princesse Marie-Margueritte

Nous avons et aurons toujours l'Histoire de France avec nous, elle ne ment jamais. C'est notamment à travers elle que nous gagnerons les coeurs à notre cause. C'est elle qui éprouve les systèmes, les idées et jusqu'aux individus. C'est elle qui légitime la royauté. C'est encore elle qui invalide la République, la Tyrannie*, les Orléans, le nationalisme autant que le socialisme, Maurras autant que Jaurès. C'est elle surtout qui fais du duc d'Anjou l'aîné salique de tous les descendants de Hugues Capet, l'héritier de Clovis, le roi ! C'est par elle que nous devons faire répondre la République de ses actes, les Orléans de leur félonie. L'Histoire a de l'avenir !

*Premier et Second Empires


samedi 31 octobre 2009

Zone piétonne

Je profite d'un excellent billet de Catoneo pour vanter la justesse et, souvent, l'intuition que véhicule un verbe agile et volontiers ironique sur Royal-Artillerie, et me permets, après cet hommage mérité, de publier ici son texte et la réponse que je lui fis.

Catoneo a publié ceci le 29, avec pour titre Légitimisons ! :

« La querelle des princes au sein de l'infanterie royaliste ne diminue jamais d'intensité. En tous échanges elle surgit. Que le prince fasse, et plus encore qu'il s'en abstienne, et la roue reprend des tours. La chronique n'est pas épargnée. "Légitimiste" me lance-t-on ici. "Oecuméniste" ailleurs. "Orléaniste" plus loin. La totale étant "agnostique maurrassien", sulfureux en diable. Malgré une propension naturelle à la contemplation, que je combats, je suis adepte du mouvement plus que du vitrail. Le mouvement c'est l'action, le vitrail c'est le soleil dehors ; ça le fait tout seul. Militant providentialiste est un paradoxe. D'où l'ennui de la Charte de Fontevrault par exemple. A tout faire autant être survivantiste, c'est plus excitant, un peu Da Vinci Code et terriblement mérovingien.

Légitimisant, je m'intéresse au prince Louis et j'en ai du mérite. Il serait venu aux Invalides ce 20 septembre pour la messe annuelle de fondation, sans tambour ni trompette pour des raisons de sécurité sans doute. Si j'osais une question, je l'adresserais à son secrétariat : Quel est le fondement de la démarche consistant à faire venir l'aîné des Capétiens aux Invalides en toute discrétion pour y rencontrer le gouverneur militaire de Paris, deux généraux, l'évêque-aumonier des armées, le président du Sénat et quelques convaincus ? J'exagère un peu, on y a vu Charles-Emmanuel de Bourbon-Parme en famille et même Jacques d'Orléans. Il y avait "messe" sur l'agenda, pas "écrouelles". Au fait, a-t-il visité l'Institution ?
Si les autorités qui savent vivre ont salué le "fils de saint Louis", elles ne sont pas venues expressément pour lui, mais par devoir d'Etat.

Qu'on ne se méprenne pas. Le retour du roi - je sais que pour nombre de légitimistes ce n'est pas le but - ne se fera pas par la haute fonction civile, encore moins militaire. Si par temps de troubles, des "velléités de changement" étaient détectées chez le personnel de pouvoir, la gendarmerie y mettrait bon ordre en embarquant au saut du lit ce joli monde convaincu de conspiration. En revanche, ce que l'on pourrait attendre à ce niveau de l'Etat est la neutralité, et à mesure de la progression, une empathie. Le roi ne reviendra, à l'issue d'un long travail de vulgarisation de l'institution monarchique dans l'Opinion, que sur la jolie définition de La Tour du Pin : le droit du prince naît du besoin du peuple. Il faut donc créer ce besoin. Les Invalides sont un sympathique coup d'épée dans l'eau.

Comme le roi de France n'existe réellement qu'oint, le prince en situation de le devenir n'existe comme tel que s'il "fait le prince". Prince politique. Et avouons-le, nous en sommes loin du côté de Bourbon. Il est plus souvent acclamé comme l'aîné des Capétiens que comme alternative institutionnelle. D'ailleurs de ce côté-là c'est le grand flou. L'UMB ne moufte pas. Le Politique d'abord de Charles Maurras terrorise. On ne saute pas du bénitier comme ça. Dieu sait, qui inspirera son lieutenant... et puis, vous m'ennuyez avec vos questions, vous ne comprenez rien au légitimisme.

Je suis abonné à la Gazette électronique de l'UCLF et ne fut avisé qu'après coup de la journée du 20 septembre, ou bien je n'ai pas piqué la news (c'est possible). Aurais-je tendu le micro sinon ? Plus sûrement j'aurais glissé un billet à l'insu du team, dans lequel j'aurais exercé sans vergogne mon droit de remontrance, absent des lois fondamentales mais inscrit ultérieurement à la panoplie du citoyen contribuable :
En l'absence de recommandations suivies du noyau fondamentaliste français pour une approche politique de la fonction offerte à vos espérances, il serait avisé que vous caliez un axe de propagande (changer le vilain mot) maintenu par un vrai secrétariat politique, convenablement staffé de professionnels actifs, qui communiquerait aléatoirement sur les questions institutionnelles - la réforme territoriale en cours est importante, la dette keynésienne aussi - et qui préparerait deux interventions annuelles du prince sur des sujets majeurs - complot du réchauffement planétaire, antagonismes civilisationnels, ...-, en prenant soin d'éviter les questions sociétales sensibles qui ne promeuvent que la dispute et pas le prince. Il serait productif d'organiser un "point d'orgue annuel" en dehors des commémorations usuelles et usées, quelque "roche de Solutré" en Bourbonnais*, qui exploiterait le charisme naturel et la bonne forme physique du titulaire, à l'intention de promouvoir l'affect populaire en dehors des églises. Fin.
*c'est une image !

Mettre la chose en musique convoque moult talents, mais il reste indispensable de parfaire l'expertise politique du prince, mécanicien bancaire ne suffira pas. La question à vingt bolivars qui est restée dans le micro, la voici :

« Monseigneur, de tout cela, en avez-vous envie ? » »



Couronne des funérailles de Louis XVIII


J'ai répondu cela :

« En tout premier lieu, merci ! Vous avez raison. Toute la véhémence dont sont capables les hussards blancs autoproclamés est déployée dans la querelle irréductible qui oppose les tenants d'une conception ou d'une autre, et dont aucune n'est immaculée. Soit . Je bats ma coulpe humblement, n'étant jamais le dernier à croiser le fer de la légitimité avec celui d’un incertain pragmatisme. C'est comme de finir une boîte d'After Eight entamée, je ne peux hélas pas m'en empêcher.

Mais comment réconcilier ceux qui soutiennent la royauté par fidélité au roi et ceux qui soutienne un prince, quel qu’il soit, par désir de la royauté ? La ligne de front est d’autant moins nette dans ce petit monde, ou dans ce monde petit, que l’on s’oppose encore sur l’identité du roi, pour les premiers, du prince pour les seconds ! A ces divisions croisées, viennent s’ajouter les caprices individuels, j’entends par là des marottes sans rapport avec la royauté et sa restauration éventuelle, tels que religiosité entreprenante, national-corporatisme sépiatique à l’envie et autres preuves de virilité qu’il serait fastidieux de décrire ici, mais que l’on entend parfois nous faire avaler avec le bébé, si je puis me permettre.

Puisque nous légitimisons, voyons pourquoi ce drôle de club, qui paraît tantôt frappé d’un mysticisme royal délirant, tantôt d’un stoïcisme dégagé à faire pâlir le loup de Vigny, soupçonné d’internationalisme princier et de haine pour telle branche maudite par tant de péchés plus originels les uns que les autres, semble hermétique à la grande mouvance royaliste telle que conçue et théorisée ailleurs que chez lui. Il est vrai que joue assurément la simple peur d’être associé par le combat qu’on mène (ou qu’on aimerait mener) à une idéologie déjà plus très en vigueur au siècle passé et carrément surannée aujourd’hui, dont on a de plus vu les tenants tomber dans tous les chausse-trappes de l’histoire contemporaine. On peut aisément le comprendre. Reste l’argument de l’union qui fait la force. Mais la force de qui ? Comment blâmer ceux qui ont un prince intangible de répugner à lutter aux côté de ceux qui ne sont pas très sûrs d’en avoir un mais dont le noyau dur est constitué de fidèles à une autre maison et ne se prive pas de le faire connaître ? Si l’on ajoute à cela le fait de n’être pas si convaincu d’appeler de ses v?ux le même ordre social, ou sociétal, pour autant qu’on ait une idée à ce propos… Ils ne manquait plus que s’ajoute à tous ces sujets de méditation celui que constitue le spectacle actuel de subdivisions en factions tutti frutti des mouvements se maintenant déjà avec peine auparavant, le tout avec des relents de haine et de ranc?urs, peux attractifs vu de l’étranger si j’ose dire.

On comprend peut-être mieux pourquoi le légitimisme, pétrifié par la vision de ce qui se passe chez le voisin, avance à une allure de gastéropode hémiplégique en matière de combat politique et de théorisation de la chose publique. Il faut néanmoins rendre à César ce qui est à César et lui concéder que Le Mémorial de France à Saint-Denys conjointement avec l’Institut de la Maison de Bourbon n’ont pas seulement, par leur travail patient et semé d’embûches, ?uvré au bénéfice du syndicat des fleuristes et marbriers, mais bien réancré la vieille monarchie française, non pas dans le paysage républicain, mais sur son sol, dans ses symboles sacrés, au vu et au su de tous. C’est énorme et je m’offusque que l’on sous-estime, voire que l’on méprise cela. Qui l’aurait fait à sa place ? Chacun a sans doute déjà sa réponse.


Louis XX à Saint-Denis

Quant au roi, Louis XX pour les malvoyants, il est tout ce que peut rêver un royaliste aujourd’hui. Pourquoi ? Parce qu’il ne s’engage pas dans un combat politique qui lui ferait prendre position face à une partie des français et qui du même coup invaliderait l’argument principal de la royauté, outre la légitimité de laquelle bien peu font cas, qui réside dans le fait que le roi est au dessus des partis et qu’il représente tous les Français. Il est discret et ne s’attarde pas dans une vaine poursuite du vent des titres, prédicats, ordres et autres armoiries. Comme l’a dit son père avant lui, il « est » . Traduction dans la réalité : tout vient à lui de cette sorte sans qu’il ait jamais à lutter et à s’étaler pour cela dans une presse de caniveau ! Puisse le roi rester en paix pendant que nous servons.

Nous servons ? C’est là mon cher piéton qu’à mon sens, tout comme au vôtre il me semble, le bât blesse. Mais hélas il est l’heure de retourner à mes topiaires. »

Nous avons convenu ensuite qu'on ne demandait pas au duc d'Anjou de faire de la politique intérieure mais quil ne serait pas inintéressant qu'ils s'exprime sur de grands sujets planétaires, ce qui me paraît acceptable.